Article 24 : L’Europe continentale, back to the future.

5 au 9 octobre 2019

Seule et unique nuit au Danemark, et nous nous réveillons sous un grand soleil. Quel luxe de ne pas avoir à porter de manteau ! Tranquillement, nous débutons notre rituel matinal en sortant le réchaud pour préparer le café. C’est alors qu’un homme, baladant son chien passe devant nous. Il est intrigué par notre voiture, et plus particulièrement par l’autocollant Mongol Rallye. En discutant avec lui, nous nous rendons compte qu’il connait très bien la Mongolie, et qu’il y a monté un trek qui se passe tous les étés ! Il connait donc bien la région, et voit des voitures du Mongol Rally tous les ans, en Mongolie. Nous passons donc une heure avec lui, à lui raconter notre périple, et à jouer avec ses deux magnifiques bergers belges. Au moment de rentrer chez lui, une ferme qui fait également office de maison d’hôte, il nous prévient que le chemin pour sortir la voiture est compliqué à surmonter. Il nous propose de nous aider avec son tracteur si nous nous embourbons dans la boue. Nous lui rions au nez, disant qu’on a vu bien pire que ce petit chemin de terre au cours de notre voyage ! Nous partons pour une petite marche dans la forêt et dans champs avant de rentrer au camp pour remballer, et repartir. On démarre la voiture, et prenons de l’élan pour attaquer le chemin. Comme on pouvait s’y attendre, Josy fait du surplace… L’herbe empêche nos roues d’adhérer à la surface du sol. Elles tournent donc dans le vide, et c’est impossible pour nous d’avancer d’un mètre, même en poussant la voiture. Un peu honteux, nous contactons Steen sur son compte Instagram qu’il nous avait partagé une demi-heure plus tôt. 10 minutes plus tard, il déboule avec son gros tracteur et nous sort d’une bien mauvaise affaire. Nous sommes ensuite invités chez lui, dans sa ferme pour un café. C’est un moment de convivialité qui nous fait le plus grand bien. En effet, depuis plus d’une semaine nous ne voyons que très peu de monde mis à part Josy… La conversation est salvatrice, alors que nous parlons de notre voyage, de ce que nous en tirons, et des maintes péripéties auxquelles nous avons dû faire face ! Nous reprenons la route en direction de l’Allemagne en fin de matinée après avoir fait un petit tour autour de la ferme. Il est déjà tard, nous visons donc les alentours de Hambourg… La ville de Lübeck nous tend les mains, avec ses cathédrales et ruelles médiévales. Nous cherchons un logement pour ce soir, essentiellement pour nous poser, et nous laver. C’est dans la ville de Kiel que nous trouvons un Airbnb chez l’habitant. Nous traversons le dernier pont qui nous sépare de l’Europe continentale, pour enfin rentrer en Allemagne deux heures plus tard ! La Airbnb n’étant disponible qu’à 19h, nous patientons tranquillement dans l’équivalent d’un PMU Allemand, qui nous sert des bières à un euro, et nous offre une atmosphère singulière ! Entre machines à jouer et clients à la voix rauque, attaqués à la bière dès 17h, ce lieu, nous nous en souviendrons longtemps ! Enfin, nous arrivons au logement, goûtons au luxe d’une douche bien chaude, et à un vrai repas préparé dans une cuisine…

La nuit est bonne. Au réveil on se fait le mal de regarder France-Tonga avant de reprendre la route en direction de Lübeck. Un peu de tourisme ne nous fait pas de mal, nous nous baladons deux petites heures, et reprenons la route en direction de la frontière avec les Pays-Bas. Les lieux pour poser se font de plus en plus rares… L’Europe est bien plus densément peuplé que la Russie, ou la Scandinave. Nous sommes donc contraints de trouver des parkings publics, gratuits et relativement isolés pour y passer la nuit et nous éviter de prendre un hôtel. C’est aux alentours de Brême que nous trouvons le graal, un petit parking au bord d’un lac, non loin de l’autoroute. Nous trouvons même un petit point d’herbe où nous pouvons poser la tente. Les températures grimpantes nous permettent de nous coucher plus tard, et de regarder le derby entre Lyon et Saint-Étienne, soldé par une énième défaite de l’OL qui plonge Ben dans un terrible désarroi… Inutile de lui lancer des piques tant il est au fond du trou en ce rude dimanche soir. Les baladins du dimanche ne nous approchent pas, et nous passons une nuit tranquille dans une zone relativement habitée !

Le lendemain matin, nous visons la ville de Wageningen, pour y retrouver Corentin, un ami d’enfance. Nous profitons de ces derniers instants en Allemagne pour faire un crochet vers la mer du Nord, et la station balnéaire de Neuharlingersiel. L’arrière-pays Allemand est paisible, et les petites routes ne nous réserve pas de grande surprise. Allant chercher un vent de fraicheur un lundi matin d’automne, nous sommes surpris de voir qu’il y a tant de monde sur la plage. Des retraités, et des jeunes couples sortant leurs enfants ravis de salir leurs bottes habitent la plage en ce jour. Un réel sentiment de paix se dégage de ce lieu, que nous imaginons surpeuplé deux mois plus tôt. Un défi avec un goéland qui bataillait pour nous piquer notre sandwich plus tard, nous reprenons la route en direction des Pays-Bas. La traversée du pays est rapide, et une réelle impression de proximité s’empare de nous lorsque nous voyons apparaitre les panneaux de signalisation indiquant Amsterdam, puis Rotterdam à une centaine de kilomètre… Jour après jour, nous nous rapprochons dangereusement d’un monde connu, après avoir passé plus de deux mois et demi dans l’inconnu total, loin de la maison et de toute connaissance. Ce sentiment sera d’autant plus fort en revoyant Corentin, dans un student hall de l’université de Wageningen dans lequel il habite. Revoir un visage connu, familier, autre que les personnes avec qui nous voyagions a été un réel choc. D’autant plus que Corentin était venu me saluer à côté de Aix quelques jours avant mon départ. Aller le voir était donc une belle manière de boucler la boucle, et de finaliser le voyage en bonne et due forme ! Nous passons une très agréable soirée avec ses colocataires, nous propulsant maintenant dans un retour à l’atmosphère d’une vie étudiante, avec les discussions et le rythme de vie qui va avec. Nous prolongeons la soirée dans le seul bar de la ville ouvert un lundi soir, avant de rentrer nous coucher. Le lendemain, c’est Alix, une autre amie du lycée de Hong Kong que nous retrouvons à Bruxelles.

200 bornes séparent Wageningen de Bruxelles. C’est probablement l’une des distances journalières la plus courte que nous ayons traversé depuis le début du voyage ! C’est également la dernière frontière, le dernier pays dans lequel nous entrons avant notre grand retour en France… Deux grosses heures plus tard, nous voilà devant la commission européenne pour récupérer les clefs auprès d’Alix, qui travaille dans le quartier. L’occasion pour nous d’aller chercher une petite plâtrée de frites, et de commander un café au comptoir-et ce en français messieurs-dames ! Ce sont ces petites choses, ces petites habitudes du quotidien qui nous rappellent constamment que cette aventure touche à sa fin… Refusant cela, nous partirons à la rencontre de la ville de Bruxelles, après avoir déposé nos affaires chez Alix, et avoir passé le bonjour aux grands-parents d’Augustin qui habitent dans la capitale belge ! Après les amis, c’est la famille qui nous rapproche d’un retour cinglant à notre vie. Nous partons pour une longue balade entre Ixelles, et la Fondation de Brel, le seul musée que nous nous étions jurés de faire. La marche d’une bonne heure qui nous en sépare nous permet de voir une petite partie de la ville dans son ensemble, entre clichés Bruxellois dans le centre-ville, et la découverte de quartiers plus urbains en périphérie. La fondation Brel est une grande déception, n’offrant que trois écrans présentant en continu des reportages sur le Grand Jacques… On y passe quand même une heure, à regarder les documentaires, et déambuler dans cet espace grand de quelques mètres carrés… Si le musée est décevant, nous savourons quand même ce moment auquel nous pensons depuis plusieurs semaines ! Un certain gout de victoire nous porte vers la sortie du musée pour aller retrouver Alix pour quelques pintes de bières belges, et savourer notre victoire d’une manière plus festive. Quelques verres suffisent pour nous mettre au tapis, alors que nous refaisons le monde en terrasse. Nous rentrons diner à la maison, rejoints par Boris. Quand bien même nous avons l’impression qu’il est 3 heures du matin, l’horloge indique minuit quand nous allons nous coucher… Ce voyage aura aussi pris le dessus sur notre capacité à faire la fête ! La fatigue surement, et le fait que nous ayons très peu bu ces dernières semaines.

Le lendemain, on bulle jusqu’à l’heure du déjeuner, lorsque nous retrouvons mes grands-parents pour le repas. C’est également un moment assez unique, nous permettant de revenir sur notre voyage et de parler plus sérieusement des prochaines échéances, sans forcément pouvoir apporter de réponse… On repasse à l’appartement pour déposer un mot de remerciement, et nous poser encore quelques temps avant de reprendre la route, en direction de Bruges. Sur la route, nous prenons la décision de donner les clefs de notre prochaine destination à la communauté Instagram. Nous leur demandons d’abord si nous devrons dormir en France ou en Belgique, avant de proposer les villes dans lesquelles nous devrons nous arrêter pour la nuit. Ça sera donc sur le poste frontière entre la France et la Belgique que nous nous arrêterons… Bruges, la Venise du nord, porte décidément bien son nom ! C’est en romantique que Le Grand Jacques passera sa dernière soirée hors de France… Nous posons Josy, et nous en allons-nous perdre entre les canaux et les ruelles médiévales. Il fait déjà sombre, et après une heure à profiter du charme de la ville millénaire et une dernière petite bière belge, nous prenons la route vers la frontière. L’une des plus symbolique que nous ayons traversé en trois mois, la dernière, celle qui nous rapproche toujours un peu plus de la maison et de nos proches. Nous profitons également des deniers instants en Belgique pour faire le plein de bières. Pour ajouter du charme à cette dernière escapade, nous décidons de sortir des gros axes routiers, empruntant les petites routes de campagne pour les derniers kilomètres. Nous arrivons rapidement dans la ville frontalière de Oost-Cappel, mais loupons le panneau France dans l’excitation d’arriver au bout, et de pouvoir enfin fêter l’accomplissement de notre œuvre. Nous arrivons donc en France sans le savoir, sans vraiment avoir ce passage direct signé par un drapeau floqué d’étoiles jaunes nous indiquant le changement de pays. Nous refaisons marche arrière pour retrouver le panneau qui était en fait caché derrière un panneau stop. On s’arrête donc là, pour profiter du poste frontière. Nous y restons probablement une trentaine de minutes, à profiter de ce moment, et prendre conscience que nous y sommes, que nous avons rempli le contrat. Nous reprenons la route vers 21h30, dans le but de trouver un champ pour poser la voiture pour la nuit. C’est à une vingtaine de kilomètre plus au sud que nous trouvons notre bonheur, dans un grand espace vert accessible par une route cabossée. On s’y installe, ouvrant les cannettes de Saint-Omer de la victoire en préparant le diner. Une petite heure plus tard, alors que nous nous installons sous la couette une bande de huit chasseurs en colère vient toquer à la porte de Josy. Ils sont furieux, parce qu’apparemment nous sommes sur un terrain de chasse interdit au public. Rapidement nous arrivons à calmer les esprits en acceptant de partir au plus vite, et en décrivant notre projet. Nous partons remballons le campement, et repartons rapidement, alors que nous étions dans les starting blocks pour aller nous coucher. Ils nous conseillent la ville de Hondschoote qui a des parkings réservés pour les campings cars. C’est un cadre moins idyllique certes, mais dans lequel nous ne nous ferons pas embêter. Nos première heures en France marque également la première fois que nous nous sommes fait virer d’un endroit en trois mois de voyage, et une soixantaine de campings sauvage… Paradoxalement, on a pris goût à ce genre d’ironie et de déceptions au cours du voyage. On passe donc rapidement à autre chose, et cette délocalisation restera un bon souvenir. Notre première nuit en France se fera donc dans Josy, sur le parking du stade municipale de la ville de Hondschoote, à quelques kilomètres de la Belgique.

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