Article 23 : La Suède, la Norvège, de la neige, des paysages somptueux, et du camping sauvage de luxe.

1 au 4 octobre 2019

Ce premier octobre 2019, nous abordons notre véritable redescente vers le sud. C’est la dernière ligne droite, avec un retour en Europe continentale prévu quelques jours plus tard. Alors que nous rentrons dans les terres suédoises, des lacs sont de plus en plus fréquents, et du relief fait son apparition. La différence est flagrante avec la Finlande. Rouler plus ne nous dérange plus compte tenu de la variété de paysages. Nous nous fixons donc des objectifs journaliers plus ambitieux, roulant entre 450 et 500km par jour pour découvrir au maximum ce que les paysages Scandinaves ont à offrir. Nous arrivons le soir dans la région de Östersund, où nous trouvons un endroit pour camper au bord de la rivière de Hårkan. Pour la première fois, nous voyons des toilettes publiques qui ne sont pas à la Turque. Ces petites choses anodines forment un rappel constant de changement de culture, et de niveau de vie des pays dans lesquelles nous nous trouvons. Le froid glacial nous porte au lit juste après le coucher du soleil, aux alentours de 20h. Le lendemain matin, nous nous réveillons au coup de sifflet du match France – États-Unis de la coupe du monde de rugby, qui sera ponctué par des en-avant incessants, et des stratégies que nous mettons en place pour nous réchauffer les pieds à savoir taper du pied, ou se lever toutes les dix minutes pour marcher un peu… En début de journée, nous dépassons la région de Åre, une station de ski Suédoise. L’entrée dans les terres se caractérise donc par l’apparition de neige sur les bords de la route, ce qui nous réjouit malgré le froid !

Nous entrons en Norvège dans un brouillard oppressant, presque apocalyptique, duquel nous sortons en baissant en altitude. La route est somptueuse, et très propre ! Pendant plus de deux heures, nous traversons des cols enneigés, roulant sur les flancs de montagne offrant une vue panoramique époustouflante. Il s’agit d’une des plus belles routes empruntées depuis l’entrée en Russie. Finie la monotonie, les routes toutes droites bordées d’arbres, qui semblaient aller vers l’infini. Josy tient le coup dans les montées Norvégiennes. Alors que nous retrouvons la montagne, nous avions presque oublié la fragilité de notre Josy, qui peine toujours autant à gravir des sommets, mais qui résiste encore et toujours à tous les défis que nous lui imposons. Dans la difficulté à trouver un endroit ou poser la tente, nous nous efforçons à sortir des routes principales, pour nous arrêter non loin d’une petite route, à côté de la ville d’Alvdal. La météo annonce de la neige toute la nuit, mais le ciel semble dégagé. Après une longue journée de labeur, nous n’avons pas d’autre choix que de rester là, nous verrons bien au réveil !

Comme prévu, le lendemain matin nous nous réveillons sur un tapis de poudre blanche. Vers 10h, à la sortie de la tente, la neige fait toujours fureur. Une couche de poudreuse couvre le capot et la galerie de Josy… On hésite à mettre nos pneus de rechange, supposés avoir une meilleure tenue en temps de neige, mais on se convainc que la route est assez dégagée pour que nous puissions laisser les pneus actuels. Le froid et une partie de flemme nous pousse à reprendre la route sans rien changer, et nous mettre au chaud sans Josy. En effet, la route est parfaite ! Malgré la neige qui sévit, les routes Norvégiennes semblent accoutumées à ce genre de situation, puisque celle-ci s’évapore instantanément au contact du bitume. Nous reprenons ainsi notre route vers le sud, avec l’intention de rentrer en Suède dans la journée, pour nous éviter d’avoir à prendre de l’essence en Norvège où le prix du litre avoisine les deux euros… Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute pour vider notre jerrycan de 20 litres dans le réservoir, en espérant qu’il tienne encore les 250km qui nous séparent de la frontière.

Nous prenons la décision d’éviter Oslo, qui contient d’importants péages, et taxes carbones pour entrer dans la ville. Nous sommes donc de retour en Suède dans l’après-midi, où nous souhaitons arriver au lac Vånern, le plus grand d’Europe ! Nous sommes maintenant plus de 1’000 km au sud du cercle arctique, et le thermomètre recommence à afficher des températures convenables pour Josy. En cette journée du 3 octobre, Josy aura tout vu ! La pluie, diluvienne jusqu’à 18h s’arrête nette et laisse place à un joli coucher du soleil face au lac. Les difficultés à trouver un endroit où poser la voiture au bord du lac à cause des habitations se solde par un coup de chance, puisque nous trouvons un petit embarcadère au bout d’un petit chemin, nous laissant seuls devant un ponton ! La Scandinavie nous sourit décidément en termes de campements. Les panneaux « interdit au camping » ne nous empêchent pas de nous y poser, partant du principe qu’étant donné la pluie, aucun bateau n’était de sortie ce jour-là.

Plus que 450km nous séparent de Copenhague et de l’Europe continentale ! Cette dernière journée en Scandinavie s’annonce sur les meilleurs hospices. La route pour Copenhague est tranquille. Le seul bémol est que nous devons prendre deux ponts pour rejoindre le continent, qui nous coûterons pas moins de 90 euros au total. Le pont séparant Malmö de Copenhague, long de huit kilomètres est traversé avec une grande émotion… Nous profitons de ce moment particulier, en nous commémorant tout ce que nous avons enduré, et en nous projetant sur la dernière semaine qu’il nous reste avant de rejoindre la France, notre famille, et nos amis qui nous ont soutenu tout au long de l’aventure… Si nous voyons la fin du voyage arriver, nous nous jurons de ne pas griller les étapes, et de prendre ces derniers jours comme nous avons abordé chacun des 80 jours de périple jusqu’à présent ; à savoir nous laisser surprendre par la route, ses imprévus, et ce qu’elle peut nous apprendre.

Nous arrivons à Copenhague avec l’intention d’y rester pour la nuit, pour y dormir sur un parking. Nous posons d’abord Josy pendant quelques heures, pour nous en aller visiter la ville. Nous commençons par le quartier de Christiania, qui défie tout préjugés de la capitale Danoise. Il s’agit d’un lieu festif, dégageant cependant une tranquillité surprenante. Ce village Hippie est notre porte d’entrée à cette ville, dessinée par ses canaux, les mats de ses bateaux pour unique montagne, et ses ponts comme unique frontière. Tout semble plus simple maintenant que nous sommes aux portes de l’Europe continentale. Cette visite nous libère l’esprit, mais nous ne voulons pas en rester là, il faut avouer que nous ne sommes pas enchantés à l’idée de dormir sur un parking dans la ville. Nous décidons donc de reprendre la voiture, pour trouver un petit coin de nature, qui nous manque déjà. Nous profitons de la liberté que nous offre la route pour nous fuir la ville, dans une décision spontanée que nous ne regretterons pas. Dans l’excitation de la route, les cinquante kilomètres que nous nous infligeons passent en un clin d’œil. Nous atterrirons ce soir-là, de nuit, au bord du lac Tystrup Sø, dans un cadre idyllique. Nous sommes sur une parcelle de gazon, avec une vue panoramique sur le lac que nous ne découvrirons que le lendemain. Notre intuition de repartir de Copenhague sera récompensée le lendemain par une rencontre merveilleuse, et marquante de notre périple.

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