Article 21 : Les baltiques, un vent de fraicheur

26 et 27 septembre.

La frontière entre la Russie et la Lettonie exige, sans trop de surprise, beaucoup de patience ! Une dizaine de voitures est déjà en présente, et nous devons attendre une petite heure avant de pouvoir accéder au poste frontière. Quelques voitures sont encore devant nous pour que nous puissions procéder à la vérification de nos documents et la fouille de la voiture. Une petite demi-heure plus tard, nous arrivons enfin devant les douaniers, qui sont perplexes devant les documents que nous leurs fournissons. Traditionnellement, les voitures étrangères présentes sur le sol russe doivent être accompagnés d’un justificatif d’import de la voiture. Cependant, notre visa d’auto-tourisme nous exempte de ce document, ce qui embrouille les douaniers. Nous partons donc pour une longue session d’explication, et de négociation avec de ceux-ci. La fouille est rapide, les chiens ne sentent rien, et nous n’avons même pas besoin de sortir toutes les caisses. Les documents de la voiture sont validés après quelque temps, et les passeports tamponnés ! L’expérience des frontières nous a beaucoup aidé à garder notre calme, et à prendre notre mal en patience. Nous aurions surement été pris de panique dans le même genre de situation quelques mois auparavant. Vers 13h, nous sortons de Russie, et passons enfin du côté Européen. L’ambiance est plus détendue, on nous parle en anglais, la vérification de la voiture consiste en trois questions (vous avez de l’alcool ? Des cigarettes ? De la drogue ?). Les douaniers n’ouvrent même pas le coffre, mais nous donnent une fiche de douane que nous devons remplir pour déclarer ce que nous avons. Après mûre réflexion, nous optons pour la stratégie des fiches de douane d’aéroport, qui consiste à cocher « non » et inscrire le chiffre « 0 » à toutes les lignes, sans réelle transparence. Aucune vérification ne sera effectuée, nous rentrons donc sur le sol européen avec nos jerrycan d’essence pleins, ce qui est normalement interdit, dans l’intention de les conserver pour la Scandinavie où le litre d’essence est trois fois plus cher qu’en Russie !

Notre grand retour en Europe est acté. Alors que nous passons devant les drapeaux de l’Union Européenne, la pression peut redescendre. La voiture est maintenant dans une zone couverte par notre assurance, et qui ne demande pas de taxe d’import de la voiture au cas où nous cassons pour de bon. De retour à un monde que nous connaissons bien, où nous récupérons nos numéros de téléphone français. Nous sommes donc reconnectés à internet et cueillis à froid par une nouvelle nous forçant à allumer la radio toute la journée. Notre retour dans l’Union Européenne s’est effectué exactement au même moment, à l’heure près de l’annonce de la disparition de Jacques Chirac. La symbolique est forte, puisque nous entrons dans l’espace Schengen le jour du décès du président qui est arrivé au pouvoir l’année de sa création!

Le besoin de rouler moins a été un réel soulagement dans cette entrée en Europe ! Les pays baltes sont très particuliers, de par leur taille et l’atmosphère apaisante qui s’en dégage. La traversée de la Lettonie s’est effectuée en quelque heures, alors que nous avons mis plus de trois semaines à sillonner la Russie. Les routes sont calmes, et retour du soleil donne un ton plus jovial aux forets qui bordent celles-ci. Nous rentrons en Estonie sans même nous en rendre compte, puisque la frontière se trouve au beau milieu d’un village appelé Valga. Le charme des villages, du côté Letton comme Estonien marque une réelle rupture avec les villages Russes, qui n’ont vraisemblablement pas bénéficiés de la même prospérité que l’autre côté de la frontière depuis l’explosion de l’URSS.

Ce soir-là, nous dormons au bord du lac Vörtjärv, un endroit parfait pour camper, avec une belle vue, de quoi faire un feu, et beaucoup de calme. C’est une bonne soirée que nous passons, malgré le froid et la fatigue. La petite distance de moins de 300km qui nous sépare de Tallinn nous donne la possibilité de partir tard dans la journée, et de prendre le temps de profiter de notre matinée au bord du lac ! La route entre le lac et la capitale passe rapidement. Nous nous arrêtons à l’entrée de Tallinn dans une grande surface pour préparer notre entrée en Scandinavie. En effet, le cout de la vie ne nous laisse pas d’autre choix que d’anticiper un maximum de dépenses avant d’y entrer. Nous achetons du gaz pour notre réchaud, et de la nourriture pour tenir une semaine. Le défi de ne rien dépenser en Scandinave, si ce n’est des pleins pour Josy se dessine donc.

Nous retrouvons des touristes, disparus de la circulation depuis Moscou, dans le vieux Tallin. C’est une ville médiévale, dont le charme nous touche grandement. Les petites ruelles de brique, caractéristiques des villes européennes du Moyen Age nous rappellent encore une fois que nous ne sommes plus très loin de la maison, ce qui nous pousse à savourer d’autant plus ces derniers instants du voyage… Le soir même, nous prendrons le bateau pour Helsinki et la Finlande, moins de deux semaines avant notre retour, mais excités de découvrir une région que nous ne connaissons pas, ou peu ! Nous embarquons donc le 27 au soir, dans le port de Muuga, à 20 minutes au nord de Tallinn… Pour la première fois depuis trois mois, Josy et le Grand Jacques voyagent en bateau. La traversée se fait avec en fond un coucher de soleil magique. Le silence qui se dégage du pont du bateau marque une réelle parenthèse, fertile à une réflexion sur l’avancée du voyage, et de ce qu’il reste à accomplir. Sur les coups de 22h, le bateau aborde à Helsinki. Il est temps pour nous de poser la voiture d’abord sur le sol Finlandais, puis sur un point de terre en haut d’une colline non loin du port. Nous ne sommes pas fatigués, compte tenu de l’excitation d’être enfin arrivé en Scandinavie ! C’est le moment où nous décidons de revenir un peu sur notre voyage, en inscrivant à côté des drapeaux sur notre voiture les points marquants de chaque pays que nous avons traversé.

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