Article 19 : De la vodka, un Disneyland russe, et une entrée fracassante dans Moscou !

Du 18 au 22 septembre

Que ce fut bon de retrouver de la montagne ! Bien que l’objectif de la journée s’élève à 600km, et que nous passerons de longues heures dans la voiture, le changement de paysage nous ravit après ces deux jours de trêve. Le sentiment d’avoir trouvé la solution aux problèmes récurrents de Josy nous met également en confiance pour cette dernière ligne droite avant Moscou. 2’000km nous séparent de la capitale russe, ce qui nous semble être la porte à côté après tous les kilomètres engloutis par Josy depuis son entrée en Russie. Josy, moins satisfaite que nous à l’idée de retrouver de la montagne, change de rythme et grimpe difficilement les monticules malgré la température idéale. Cette journée se passe globalement bien, et, alors que la nuit commence à tomber, nous nous arrêtons à un café avec les Irréductibles pour discuter de la fin de la journée. Où allons-nous dormir ? Dinons-nous maintenant ? Combien de kilomètres voulons-nous encore faire ? Nous optons pour un diner tôt au café, pour avoir la liberté de nous arrêter quand nous voulons, sans avoir à sortir le réchaud pour se préparer un diner. Considérant la pluie, ce choix nous semble être le plus sage. Sur le parking du restaurant, nous rencontrons cinq russes, avec qui nous discutons brièvement. Ils nous traitent de fous quand on leur explique tous les pays que nous avons traversé avec nos petites voitures. Ça nous fait tout drôle de nous faire traiter de fous par des russes, mais on prend ça comme un compliment ! Nous reprenons la route trente minutes plus tard, le ventre plein, nous donnant une cinquantaine de kilomètres pour trouver un endroit où laisser les voitures au repos pour la nuit. La pluie sévit alors qu’une voiture nous fait signe de nous arrêter. La police ? Un problème ? Rien de tout cela, il s’agit des cinq russes avec qui nous avions discuté une heure plus tôt au restaurant de routier ! Ils semblent très contents de nous retrouver, et nous invitent à l’arrière de leur voiture à partager des shots avec eux, sur un fond de techno russe. Nous nous prenons de sympathie avec eux, et ils nous invitent à prendre des coups au village suivant, Asha, situé à une vingtaine de km de là.

Nous les retrouvons donc sur un parking, devant une supérette où ils achètent trois bouteilles de Vodka que nous engloutirons ensemble, et de la charcuterie pour absorber le tout ! A notre grande surprise, ils nous offrent aussi une dizaine de bières, un pack d’eau et un stock de saucisson pour les prochains jours… Non sans peine, les conducteurs Simon et Ben se sacrifieront en se privant de ces tournées de shots. Andrei et sa bande, avec qui nous passerons les deux prochaines heures ont prouvé qu’ils ne méritent pas la vision que l’occident porte sur eux, à savoir un peuple fermé sur lui-même et antipathique… Ils semblent beaucoup souffrir de cette réputation qui ne leur correspond pas, et nous demandent de partager au maximum notre expérience russe, pour que plus d’occidentaux viennent leur rendre visite. Alors que les cinq ne sont plus que trois, puisque deux d’entre eux ont abandonné et sont allés se coucher, des curieux arrivent, et commencent également à discuter avec nous. C’est le moment pour la voiture de s’en aller, pour rentrer chez eux à Ufa, 150km plus loin. Avant de partir, ils nous conseillent vivement de ne pas dormir sur-place car ils estiment que c’est un endroit dangereux pour camper (à cause des ourses et des briguants). Nous continuons cependant la soirée avec le second groupe. Ils ont de bonnes têtes, et nous proposent un endroit pour camper, en face de chez eux au bord de la rivière. Nous leur faisons confiance et les suivons pour qu’ils nous montrent l’endroit en question. Même pas 500m plus loin, ils nous montrent une belle parcelle d’herbe avant de courir chez eux chercher du bois sec, pour faire un feu afin de nous réchauffer. Nous finirons les stocks de bière avec eux avant qu’ils nous proposent de faire un bain russe avec eux le lendemain. Ils insistent grandement, mais nous sommes dans l’impossibilité d’accepter puisque nous voulons atteindre la ville de Kazan le soir même…

La petite barre dans le crane ne nous empêche pas de reprendre la route au petit matin. Compte tenu des 660km qui nous séparent de Kazan, nous ne pouvons pas nous permettre de repartir trop tard. Nous y arriverons d’ailleurs à la tombée de la nuit. Nous sommes accueillis par des bâtiments somptueux. On se sent pour la première fois en Europe, dans une ville riche en apparence comme on peut en voir en Europe. Mauvaise surprise cependant avec le propriétaire de l’appartement que nous devions louer, qui nous raccroche au nez et nous met un joli faux plan. Nous l’attendons une heure avant de nous rendre compte qu’il ne viendra jamais. L’heure tourne et il nous faut trouver une solution de repli rapidement. On rentre en contact avec une autre propriétaire, qui nous fait par qu’elle a un appartement de disponible à l’autre bout de la ville. Nous sommes exténués, et n’avons aucune envie de continuer à chercher. Nous suivons donc sa voiture, et nous retrouvons enfin dans un appartement au chaud, après cinq jours dans la nature.

Après une belle nuit de repos, nous nous laissons une journée pleine pour visiter la ville. Petit rituel de passage en ville, nous lançons nos machines avant de partir nous balader. Nous longeons la Volga pendant une heure pour retrouver le Kremlin de Kazan, et le ministère de l’Agriculture qui ressemble étrangement au Minas Tirit dans le seigneur des anneaux ! Ce centre-ville ressemble tout simplement à Disneyland, avec ses bâtiments propres, grandioses et mignons à la fois. C’est l’heure de la bière après quatre heures de balade dans la ville. Nous retrouvons de la IPA, et de la bière belge, dont nous avions fait exprès d’en oublier l’existence durant ces huit semaines de voyage. Retour à l’appartement, où un apéro nous attend, et que nous savourons avec toujours autant de plaisir ! La fatigue prend le dessus, et nous porte au lit sur les coups de 22h.

Cette dernière journée à Kazan s’ouvre sur une matinée rugby, avec un délicieux Fiji-Australie, avant d’enchaîner sur le France-Argentine que nous attendons depuis des mois ! Nous commençons le match dans l’appartement, avant de nous faire virer par le check-out et de finir le match sur le téléphone dans un self au bout de la rue. Nous aurons donc vu le drop libérateur de Camille Lopes à dix minutes du sifflet final dans la même ville où Pavard a signé sa magnifique frappe en huitième de finale de la coupe du monde de foot contre le même pays ! Retour à la voiture, dans l’excitation d’envisager un quart de final de l’équipe de France, que nous pourrons voir au chaud, à la maison avec nos amis. Direction Moscou maintenant, puisque seulement 800km nous séparent de cette ville pleine de mystères.

Notre départ tardif de Kazan ne nous permettra que de faire 350 kilomètres, nous forçant à nous arrêter juste avant Nizhny Novgorod. La route nous réserve quelques surprises, avec la tombée de quelques flocons de neige… La nuit sera froide. Nous avions en effet prévu de camper ce soir-là. Comme il y a quelques jours, nous nous arrêtons diner avant de nous poser, pour éviter de passer trop de temps dehors à cuisiner. La tombée de la nuit, et la difficulté à trouver un endroit satisfaisant nous pousse à nous arrêter au beau milieu d’un chemin non loin de la nationale. Le sol est gelé, mais nous ne voulons pas faire machine arrière. Un coup de vodka pour se réchauffer, et au dodo pour la doublette Irréductible et Grand Jacques !

Sur la route pour Moscou, nous serons accueillis par d’énormes bouchons, à plus de 150 kilomètres de l’entrée de la ville… On patiente tranquillement pendant une petite heure, à l’arrêt quasi-complet. Nous réalisons qu’il est dimanche après-midi, et que les embouteillages ne sont pas près de se désemplir. Nous décidons donc de nous poser à un restaurant de routier, afin de se nourrir et de se reposer avant d’attaquer les derniers kilomètre avant Moscou. Nous avons la chance d’en finir rapidement après avoir repris la route, et décidons de prendre une déviation parce que le GPS annonce une heure d’embouteillages un peu plus loin… Cela nous permet de découvrir un peu les villages environnants de Moscou, tout en gagnant du temps ! L’entrée dans Moscou est très longue, nous conduisons pendant une grosse demi-heure dans la ville avant d’atteindre le centre-ville, et l’appartement que nous avons loué pour la dernière soirée avec les Irréductibles. Quel soulagement d’être arrivés à Moscou, cette ville qui est dans notre viseur depuis notre entrée en Russie ! Nous y sommes enfin, et sommes comblés d’un sentiment d’accomplissement très important. Cependant, le premier hic de Moscou est lié à la difficulté à se garer, à un prix abordable… Les parkings au centre-ville sont tous payants, et hors de prix ! Nous n’avons pas le choix, nous entrons dans un parking, et verrons combien nous payerons (selon nos estimations entre 30 et 40 euros). C’est la vie, nous allons nous poser à l’appartement, avant d’aller faire les courses pour se faire un bon dernier diner tous ensemble. Cette dernière soirée avec les Irréductibles est calme, nous sommes tous fatigués de la route, et impatients de nous poser pendant trois jours à Moscou. La première fois que nous nous posons plus de deux nuits dans un endroit depuis Douchanbe !

Partager sur facebook
Share on Facebook
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur pinterest
Share on Pinterest

Leave a comment