Article 18 : Les derniers kilomètre jusqu’à L’Oural et l’Europe, nous réservant quelques surprises.

Du 14 au 17 septembre

Tranquillement, nous reprenons la route. L’objectif de la journée est moindre, 350 kilomètres, soit quasiment trois fois moins que notre rythme habituel depuis une semaine. Nous roulons moins, mais la route n’est pas facile pour autant. La sortie de la ville nous réserve un déluge… Avec nos phares, la visibilité est toujours aussi répétitive alors que nous partons aux alentours de midi, juste après avoir quitté le bel appartement qui nous à chaleureusement accueilli pendant ces deux derniers jours. La conduite difficile à appréhender nous ralentit considérant les conditions météorologiques. Nous arrivons avant la fin de la journée dans la réserve naturelle de Kirsinsky où nous ambitionnons de passer la nuit. Le chemin pour retrouver le lac est chaotique, mais Josy passe les deux kilomètres de chemin terreux avec brio ! Tout semble maintenant plus simple, alors que notre seule échéance est d’arriver à Moscou le 22 septembre (un collègue des Irréductibles y retrouve sa copine ce jour-là…). Le campement n’est pas optimal, car truffé de moustiques, et nous ne pouvons pas descendre les voitures au niveau des tentes. Cependant, il nous offre un coucher de soleil somptueux ! La soirée est fraîche, et le brouillard nous prend d’assaut, ce qui ne nous empêche pas de rester debout jusqu’à minuit, à jouer aux cartes en buvant de la vodka avec les collègues !

Le 15 septembre au matin, nous prenons le temps de faire sécher les tentes, avant de viser le lac Ozero, où nous comptons rester deux nuits si nous trouvons un endroit pour que notre ami Simon puisse pêcher. La route Russe, fidèle à elle-même est répétitive. Rien à signaler ce jour-là malgré les nombreuses averses, et le fait que nous avons réussi à convertir les Irréductibles aux restaurants de routiers ! Cette journée longue de 500km nous porte vers ce grand lac, et un camping sauvage de qualité. Les moustiques sont toujours aussi présents, mais le feu que nous montons réchauffe les organismes, et Tim se motive à préparer un bon repas. Nous avons la place pour bien écarter les tentes, alors que ce soir Ben dormira dans la voiture, laissant la tente à Augustin. La soirée est toute aussi festive que la veille, puisque nous remettons une partie de patate (jeu que nous ont appris les Irréductibles) sur la table, en finissant les bouteilles de la veille. Le contour du lac est couvert de vase, rendant la pêche impossible… Nous décidons de pousser encore le lendemain pour trouver un endroit optimal pour passer deux nuits. C’est donc vers la région de Kurgan, 490 kilomètres plus loin que nous fixons notre prochain objectif !

C’est une belle journée qui s’ouvre à nous. Bien reposés, nous passons la région de Omsk sans encombre, prenant une route alternative à celle proposée par Maps, nous faisant passer par le Kazakhstan que nous devons prendre. Nous comprenons rapidement pourquoi. C’est la pire route depuis l’entrée en Russie, parsemée de trous et de violentes bosses. Vers 15h, alors qu’Augustin est aux commandes, avec Tim en copilote (Ben a repris sa bonne habitude de sauter à l’arrière de Bob pour faire la sieste après le repas !) Josy a le malheur de se prendre une bosse de plein fouet… Comme en Ouzbékistan, et à Irkoutsk, la voiture ralentit progressivement avant de s’éteindre. Impossible de rallumer le moteur, il s’agit d’une énième panne sèche dû à un problème d’arrivée d’essence. On essaye de relancer la machine en faisant couler de l’essence dans l’injecteur, en vain… C’est donc encore le moment d’appeler une dépanneuse. Une voiture s’arrête rapidement, et nous propose de nous tirer jusqu’à la ville la plus proche, se situant à 60 kilomètres de là… Hors de question de nous infliger ça. Nous insistons pour qu’il appelle une dépanneuse. Il semble vexé, mais nous refusons catégoriquement le tractage, qui nous rappelle de bien trop mauvais souvenirs. Nous échangeons nos numéros pour pouvoir le recontacter en cas de besoin, et il s’en va, en nous disant que la dépanneuse arrivera d’ici une heure et demi.

L’attente sera longue, on se met donc dans des dispositions pour patienter. Gus se met à l’arrière, pour siester sur les matelas, alors que Ben se pose devant pour regarder Prison Break ! Après une heure et demi d’attente, nous recevons un appel de l’entreprise de remorquage, nous indiquant que le conducteur s’est trompé de chemin, et sera là dans une heure… Au moins deux heures et demi d’attente, pour attendre la dépanneuse, et à ce rythme, on ne serait pas surpris qu’il arrive avec encore plus de retard. Sur les coups de 17h, une tempête éclate. On se réfugie à l’avant de la voiture, qui se retrouve prise dans un tourbillon de vent et de pluie. Josy se retrouve donc dans une position d’arroseur-arrosée, c’est le moins que l’on puisse dire ! Les minutes passent de plus en plus lentement, alors que nous ne pouvons pas sortir de la voiture… Ce n’est que vers 19h, deux heures plus tard qu’un vieux monsieur arrive, au volant de sa dépanneuse pour emmener Josy chez le médecin. La nuit tombe rapidement, et nous savons déjà qu’elle sera courte pour nous ! Le monsieur nous demande 7’500 roubles, mais pour nous emmener à Kurgan directement, soit 200km plus loin. Nous acceptons sans trop broncher, c’est deux fois plus cher qu’à Irkoutsk, mais pour une distance dix fois plus importante ! Nous passerons trois heures dans le cockpit de la dépanneuse, échangeant quelques mots avec le conducteur, entre les plusieurs siestes que nous avons le temps de faire. Vers 22h il nous dépose dans la banlieue de Kurgan, à côté d’une zone industrielle. Nous le saluons, le payons avant de sauter à l’arrière de Josy pour nous reposer après cette longue journée de labeur. Le garage n’ouvre qu’à 9h le lendemain, nous donnant la possibilité de faire une petite grasse-mat !

Les caprices de Josy ne finissent pas de nous cacher de jolies surprises… Nous nous rendons compte que le garage devant lequel la dépanneuse nous a déposé est fermé. Nous partons donc à la rencontre des employés de l’atelier à côté du soi-disant garage… Ils confirment que le garage est fermé depuis longtemps, et nous proposent d’appeler un garagiste pour venir nous aider. Nous ne comprenons pas bien s’il s’agit du master de ce garage, où d’un autre, mais donnons notre feu vert compte tenu du peu de possibilités qui s’offrent à nous… Une heure plus tard, le garagiste arrive dans un gros 4×4 ! Il s’agit en effet d’un garage extérieur, puisqu’il sort de sa voiture avec des sangles de remorquage… Pas le choix cette fois-ci, nous n’y échapperons pas. Gus monte dans la voiture du garagiste, pour s’assurer qu’il ne conduise pas trop vite, et qu’il s’arrête s’il y a un problème derrière. Ben reste avec Josy, avec la lourde tâche de contrôler sa vitesse avec le frein à main. Nous arrivons dans le garage, qui a aussi des voitures françaises, ce qui nous rassure. Mais il faudra encore patienter puisque tous les garagistes sont occupés… Considérant l’attente, Gus s’empare du manuel de la voiture pour voir si ce problème d’arrivée d’essence récurant est courant sur les Citroën C15. Par hasard, on tombe sur l’existence d’un bouton de choque d’inertie sur la voiture… Peut-être que ce dernier est défectueux, ce qui nous éviterait de faire surélever la voiture, et de perdre quelques heures de garage ?! Notre tour arrivant, nous montrons ce bouton au garagiste, qui se met à le scruter. Un faux contact au niveau de ce bouton est en effet présent, et remplaçant un des trois câbles le liant au moteur, notre Josy repart. Ce maudit bouton nous a fait perdre plus de 12h, mais nous sommes contents de la voir repartir sans soucis !

C’est maintenant le moment de partir retrouver Les Irréductibles, que nous avions lâchés la veille, le temps que nous réparions notre voiture. Ils se sont posés en périphérie de la ville de Kurgan, au bord d’une rivière dans un campement qui selon eux vaut le détour ! Nous profitons d’avoir la journée devant nous pour partir faire les courses pour la soirée, et changer nos derniers dollars qui ne nous serons plus utiles après la Russie. Nous les donc retrouvons vers 14h, et sommes très contents de voir qu’ils nous ont attendu pour le déjeuner, puisque cela fait 24h que nous n’avons rien avalé si ce n’est que les gaufrettes qui se vendent dans les stations à essence russes. En effet, le lieu est exceptionnel ! L’un des meilleurs depuis le début du voyage. Il s’agit d’un grand espace entouré de forêts, et bordant un lac permettant à Simon de passer la journée à pêcher ! L’après-midi est donc calme, on se repose, on discute et on chacun fait ses petites affaires personnelles. Les après-midis de libre se font rares au cours de ce voyage, donc nous comptons bien en profiter au maximum ! Le soulagement d’avoir réglé le problème de Josy en moins d’une heure ajoute une petite de satisfaction à cette journée de repos. La soirée est propre, poulet basquaise au menu, et jeu de carte au programme. Soirée encore parfaite avant d’aborder le lendemain la traversée de l’Oural, signant le retour de Josy et du Grand Jacques sur le continent européen !

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