Article 17 : La fin du train de vie de routier

Du 9 au 13 septembre 2019.

Nous abordons notre matinée du 9 septembre avec une certaine légèreté ! Levé tardif, petit déjeuner en douceur, et une session douche et rasage s’ouvrent à nous en cette journée réparatrice. Après cinq jours non-stop sur les routes, nous ne crachons pas sur le petit confort que nous offre le retour dans une ville. En début d’après-midi, nous retrouvons les trois équipes de babacar qui s’apprêtent à rapatrier leurs voitures en Europe. Ils profitent de notre présence et du fait que nous faisons le retour pour nous lâcher leurs affaires chaudes, et ajouter un nouveau membre à notre équipage. Marguerite, une peluche grande d’un mètre, que nous arrivons à caler entre notre toit et l’avant de notre galerie fera le retour avec nous en Europe, en échange de toutes es affaires qu’ils nous ont offertes ! Après cet échange d’objets de voyage, nous nous séparons d’eux pour rejoindre la place Lénine, qui est le lieu de la ligne d’arrivée du Mongol Rally. Arrivés en avance, nous nous posons au QG de l’équipe organisatrice, le « Churchill », un pub anglais pour déjeuner et savourer une bière de pré-victoire ! L’heure de nous inscrire à la liste des équipes victorieuses du Mongol Rally 2019 est enfin arrivée. Nous nous dirigeons donc vers la yourte présente sur la place Lénine, où nous pouvons enfin ajouter l’inscription « Le Grand Jacques » aux déjà nombreuses équipes qui ont fini le Rally de cette année. Peu d’équipes avaient prévues d’arriver ce jour-là, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour savourer notre victoire sur le podium ! Entre temps, les trois équipes françaises que nous attendions pour faire monter Josy sur son piédestal nous rejoignent. Les festivités peuvent commencer, nous sortons les cigares, et préparons les sangles pour pouvoir tirer Josy sur l’estrade. Car oui, symboliquement, nous voulons tirer à notre tour celle qui nous a porté jusque-là, bien conscients qu’il nous reste encore un long chemin à parcourir, et plus d’un mois de voyage ! La victoire est belle ! Très belle même ! et de pouvoir la fêter avec des amis la rend d’autant plus savourant. Le retour reste tout de même dans un coin de notre tête… Et bien que l’étape Mogol Rally soit finie, l’aventure du Grand Jaques reste tout de même encore longue. L’euphorie tant attendue de cette satisfaction du devoir accompli attendra Paris, et les 10’000 km qui nous en séparent ! Cette ligne d’arrivée franchie nous propulse vers une nouvelle aventure, celle de la route vers l’ouest, vers la l’Europe, et la maison. Sans vouloir nous propulser trop loin, nous reprenons la route une grosse heure après avoir franchi la ligne d’arrivée, l’esprit libre, et avec le sentiment que nous n’avons plus rien à prouver à personne.

Notre prochain objectif sera de retrouver les Irréductibles qui sont quelques 800km devant nous au soir de notre arrivée. Nous roulons une centaine de kilomètre, et posons la voiture dans un champs pour la nuit, dans l’objectif de reprendre la route le plus vite possible le lendemain. A l’échelle de notre aventure, nous estimons que le plus dur a été fait, mais dans les jours à venir nous devrons repasser par les mêmes routes parcourues depuis notre entrée en Russie… Le soir on ouvre la boîte de raviolis en conserve que nous nous trimballions depuis Lyon en signe de victoire.

Direction Irkoutsk maintenant, puis Krasnoïarsk, puis Novossibirsk. À quelques dizaines de kilomètres près, nous dormons dans les mêmes endroits qu’à l’aller, dans l’optique de rattraper les Irréductibles ! Le premier jour et le deuxième jour, nous grapillons 200km sur eux, leur laissant 400 petits kilomètres d’avance sur nous alors que nous approchons Krasnoïarsk. Il est encore tôt, et ils nous indiquent qu’ils vont s’arrêter tôt dans la journée pour nous laisser la chance de les rattraper. La motivation était au rendez-vous alors que nous dépassions Krasnoïarsk, mais une pluie diluvienne s’abat sur nous, nous forçant à nous arrêter… La pluie et la nuit combinées nous empêchent de voir à plus de 20m… Arrêt forcé donc, mais nous nous arrêtons dans le même café qu’à l’aller ! Le personnel nous reconnait, et accepte gentiment que nous dormions sur leur parking.

La pluie et le froid ne nous empêchent pas de dormir tant la fatigue nous plonge dans un long sommeil. Les Irréductibles, alors moins de 150km devant, ont accepté la veille de ne rouler que 200km pour nous puissions réunir la sainte alliance que nous avions formé entre Istanbul et notre casse au Tadjikistan ! Sur les coups de 8h, nous prenons donc la route dans le but de les retrouver en fin de matinée, et de prendre la route pour Novossibirsk ensemble, où nous passerons deux nuits pour nous reposer de cette longue et fastidieuse route. Trois heures plus tard, nous les accueillons avec un panneau de stop avec indiqué « Annecy », très impatient de reprendre les routes avec eux, et d’aborder la suite de la Russie sur un rythme plus acceptable pour Josy. On s’octroie une nouvelle pause-café dans la journée pour discuter avec nos quatre amis, rattraper les derniers jours, et organiser les prochains jours. Le chemin est encore long pour Novossibirsk, qui se trouve alors à 600km de nous… Nous nous mettons donc rapidement en route, pour retrouver la ville avant qu’il ne soit trop tard. Vers 20h, nous arrivons dans l’appartement que nous avons réservé pour l’occasion. C’est le grand luxe, tout le monde a un lit, et nous avons à une terrasse qui surplombe la ville ! L’arrivée à Novossibirsk marquera pour nous la fin de notre épopée russe sur un rythme, et un mode de vie de camionneur, passant nos journées sur la route, ne faisant rien d’autre que de conduire, et de nous nourrir dans les charmants restaurants de routiers Russes.

La journée du 13 est calme. Chacun est à son rythme. Le matin, alors que la moitié du groupe s’en va se balader en ville, nous restons à l’appartement pour faire nos machines, et écrire un message pour remercier nos sponsors sans qui rien aurait été possible. En début d’après -midi, nous nous en allons visiter la 3ème plus grande ville de Russie ! Ça nous fait du bien de marcher, qui plus est pour voir le plus grand opéra de Russie en termes de places, et la charmante et intrigante cathédrale de Novossibirsk, dans laquelle nous avons la chance d’assister à un chant orthodoxe. C’est l’un des premiers moments de réalisation brutal que nous avons du retour à une culture occidentale… Après deux mois de pays à dominance musulmane, être projeté ainsi dans un lieu de culte chrétien nous laisse perplexe. Sur le retour vers l’appartement, nous prenons le tram pour aller nous équiper d’un manteau et de gants pour les jours froids à venir. La soirée est festive, depuis longtemps nous n’avions pas diné autour d’une table, buvant du vin et discutant avec des amis ! C’est donc reposés, et heureux que nous reprenons la route le lendemain, en direction de la chaîne de l’Oural !

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