Article 16 : Du la frontière russe à la finish line, la traversée d’une forêt de la taille de l’Europe en trois jours.

Du 5 au 8 septembre

En ce 5 septembre 2019, nous nous levons à l’aube. C’est le moment tant attendu de traverser la fameuse frontière russe ! Les douaniers, réputés pour leur dureté avec les voyageurs, nous accueillent avec la plus méticuleuse des fouilles que nous ayons eu jusqu’à présent. Josy passe au crible des douaniers, qui, scrutant chaque recoin de notre compagnonne ne trouvent rien à mettre sous la dent ! Nos médicaments sont analysés un à un, notre première malle vidée de fond en comble, et la galerie du toit passé en revue avec l’aide d’un miroir. Nous échapperons cependant à la fouille de la seconde malle, qui tient les planches de bois qui nous font office de support pour nos matelas. En leur expliquant que nous ne pouvons pas la sortir au risque de faire tomber tout le montage, ils acceptent de la laisser en place. Nous sommes surpris, et ils nous laissent passer, et entrer dans le vaste pays qu’est le leur.

Si vous doutiez de la grandeur de la Russie, nous vous confirmons que ce pays bat des records de taille. C’est la dernière ligne droite pour nous. Ayant pris la décision d’éviter la Mongolie et ses routes destructrices pour les voitures du Mongol Rally, « seuls » les 2’700 bornes de Sibérie nous séparent de la fameuse ligne d’arrivée qui nous fait saliver depuis plusieurs semaines ! Alors que nos amis les Irréductibles sont déjà au beau milieu de la Mongolie, nous optons pour arriver à Ulan Ude le plus vite possible pour nous donner l’opportunité de faire le retour avec eux.  Pour ce faire, il nous faudra parcourir les derniers km en 3 jours seulement… Le calcul est vite fait, Josy devra avancer de 900km par jour. Avec une vitesse moyenne de 80km/h, nous devrons passer au minimum 12h par jour sur les routes. Si le trajet s’annonce long, fastidieux, et d’autant plus fatigant que celui emprunté au Kazakhstan, nous nous réjouissons de l’asphalte qui jonche les routes Sibériennes ! Cependant, peu de chose mis appart le fait que nous avons roulé, mangé, et pas beaucoup parlé ressort de ces quelques jours. Les paysages sont essentiellement constitués de forêts et de marécage, expliquant les silences interminables au sein du cockpit de Josy. Nous donnant 3 nuits avant l’arrivée, nous coupons le trajet en nous arrêtant atour de Barnaul le premier jour, Krasnoïarsk le second, et Irkoutsk le troisième pour nous laisser 400 petits kilomètres le dernier jour pour atteindre Ulan Ude avant la fermeture de la ligne d’arrivée. Au cours de ces longues journées de conduite nous avons donc été poussé dans nos retranchements, cherchant à nous occuper pour passer le temps. Ce fut donc l’heure de sortir le cahier de vacances pour adulte qui nous avait si gentiment été offert par la famille la veille de notre départ (merci Bernard et Véro, vous nous avez bien aidé sur ce coup-là !). Entre deux quizz, parties de Sudoku, ou playlist de variété française des années 2000’, nous nous offrons le luxe de nous arrêter au bord de la route pour déjeuner dans les restaurants de camionneurs qui pullulent aux abords des routes soviétiques. N’ayant pas le temps de nous arrêter trouver un endroit où dormir, nous nous reposons pendant ces trois jours sur les aires d’autoroute, dans Josy, entre 22h et 6h30 du matin. Ce train de vie, rythmé par de longs moments de voiture, des goulaschs matin, midi, et soir, et pas assez de repos nous porte aux abords d’Irkoutsk en temps voulu !

Au matin de notre supposée arrivée, l’excitation de l’accomplissement du Mongol Rally prend le dessus sur la monotonie des jours précédents ! Nous partons sur les coups de 7h30 pour nous assurer d’atteindre la finish line dans les temps, musique de motivation à pleine balle dans la voiture, et dans l’optique de croiser les Irréductibles en chemin. Arrivés deux jours plus tôt à la ligne d’arrivée, ils se sont posés au Lac Balkaï pour nous attendre. Nous sommes cependant coupés nets dans notre élan de folie… 10km après avoir pris la route, la voiture s’arrête nette. C’est la panne sèche. Les symptômes sont identiques à ceux de notre première panne en Ouzbékistan, ce qui nous rassure sur le fait que le problème n’est pas aussi grave qu’au Tajikistan. En plus de cela, le passage de vitesse se faisait de plus en plus compliquer en fin de journée a veille, nous indiquant un problème de bougies… Posés au bord de la route nous tentons déjà de changer les bougies, que nous n’arrivons pas à sortir… Le stresse monte alors que nous tentons d’arrêter une voiture pour nous appeler une dépanneuse. En même pas trente seconde, une voiture s’arrête, et avec l’aide de Google Translate, nous parvenons à appeler quelqu’un pour nous emmener au garage le plus proche ! Tout se goupille bien, et une petite trentaine de minutes plus tard Josy se retrouve projetée sur une dépanneuse, en route pour la ville de Angarsk. La ligne d’arrivée ne sera pas pour aujourd’hui, mais nous sommes quand même très fiers d’avoir pu trouver si facilement de l’aide et d’avoir mis Josy entre les mains d’un garagiste en moins de deux heures. En plus de cela, le conducteur de la dépanneuse nous montre en chemin une photo d’une autre voiture du Mongol Rally, que sa société a transporté une semaine auparavant. On s’accroche au fait qu’une dépanneuse c’est quand même plus agréable que de se faire tracter par une autre voiture pour ne pas sombrer dans le désespoir de visiter notre quatrième garage en cinq pays…

Nous avons la chance de tomber sur un garage ouvert le dimanche. Une jeune femme nous accueille, avec qui nous avons une conversation via Google translate pour lui expliquer notre problème. En quelques minutes, nous vidons le coffre pour donner accès au réservoir, et surélevons la voiture pour que le garagiste se mette au travail, et répare la connexion entre le réservoir et le moteur. Contrairement à la dizaine de garagistes qui s’étaient jetés sur notre voiture en Ouzbékistan, une seule personne s’occupe de démonter le réservoir pour trouver l’accès au câblage électrique. Deux heures plus tard, nous pouvons enfin repartir ! Il est d’ores et déjà trop tard pour atteindre la ligne d’arrivée de jour-là, mais nous tenterons tout de même d’atteindre Oulan-Oude dans la soirée, pour retrouver les trois équipes françaises avec qui nous avions commencé le voyage, qui y sont actuellement (Babacar, et les Conquerors). En route, nous nous arrêtons voir les Irréductibles au bord du lac Balkaï pendant une trentaine de minutes, le temps d’échanger rapidement nos péripéties respectives depuis notre séparation sur la route de Pamir au Tajikistan ! Pour la première fois depuis que nous sommes en Russie, la route entre Irkoutsk et Oulan-Oude est vallonnée. Les collines que nous grimpons, sans trop de difficulté, offrent un peu de diversité au paysage Russe, nous changeant bien les idées après les 2’500km de forêt que nous venons de traverser.

Vers 22h, nous entrons enfin à Oulan-Oude, où nous retrouvons les trois fameuses équipes françaises. Beaucoup de choses se sont passées depuis la dernière fois que nous nous sommes croisés, à Samarkand en Ouzbékistan. Nous rattrapons donc le temps perdu autour de quelques bières, et un diner bien mérité ! Nous profitons avec un plaisir immense de la douche, et d’avoir un lit. Depuis notre entrée en Russie, nous n’en n’avions pas vu la couleur… Nous allons nous coucher avec un bon sentiment d’accomplissement, et dans l’excitation de monter sur le podium du Mongol Rally le lendemain !

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