Article 14 : Le Kirghizistan, le calme après la tempête.

Du 25 au 29 aout 2019.

En ce 25 août 2019, nous rejoignons la frontière du Kirghizistan avec beaucoup d’excitation. Sur plus de 100km, Josy se trouve dans une enclave, avec l’Ouzbékistan qui se trouve sur notre gauche, et le Kirghizistan sur notre droite. La frontière est traversée sans encombre. Encore une fois les gants de boxe intéressent, et en moins d’une heure nous sortons to Tadjikistan ! Sans plus attendre, nous prenons la direction de Osh. L’objectif ce jour-là est d’avancer, et d’arriver à destination avant le coucher du soleil. L’entrée dans la ville est fastidieuse, et les bouchons nous achèvent. Nous arrivons à destination, explosés par la fatigue, avec la satisfaction d’avoir franchi une nouvelle frontière, et une nouvelle étape dans ce long périple vers Ulan-Ude. Nous nous offrons une nuit dans une guest-house, où nous rencontrons un couple franco-australien qui fait le tour du monde dans un Defender depuis plus d’un an. C’est l’occasion pour nous de discuter avec des internationaux, ce qui n’avait pas été le cas depuis plus d’une semaine. Le lendemain, après avoir changé de l’argent, et acheté une carte SIM, nous reprenons la route, en direction de Song Kul. La semaine au garage, nous a laissé avec un grand besoin de prendre l’air. Nous voulons donc profiter d’être au Kirghizistan pour passer trois jours à cheval, aux abords du lac. La route est fabuleuse, nous rejoignons rapidement la région du lac de Toktogul. Nous sommes entourés de petites collines, et arrivons au lac au moment du coucher du soleil. Le reflet des montagnes dans le lac rosé par la tombée du jour nous pousse à faire des pauses. Nous prenons du retard sur notre route initiale, mais ne regrettons pas de prendre notre temps dans cette région qui a tant à offrir. Le soleil tombe, et il est temps de trouver un endroit où poser Josy pour la nuit. Alors que nous rentrons dans une région montagneuse, les lieux pour poser la tente se font de plus en plus rares, nous décidons donc de nous arrêter dans les restaurants et hôtels que nous croisons pour demander de camper sur leurs parkings. Du premier coup, nous trouvons une petite auberge au bord de la rivière, qui accepte de nous laisser dormir dans la voiture à condition que nous dinions dans leur restaurant. On n’en demandait pas moins, nous nous posons donc sur leur terrasse en bord de rivière avant d’aller soigneusement nous installer dans Josy pour une nuit calme.

Nous attaquons le lendemain par de la montagne. Il nous faut passer un col à 3’600m, ce qui ne nous rassure pas beaucoup… La montée est longue mais pas trop agressive donc Josy en sort gagnante sans trop de soucis. Le paysage est différent, les arbres ont été remplacés par des yourtes et du pâturage. Roulant au petit matin, nous avons la chance d’assister aux sorties des troupeaux de mouton et au réveil des chevaux qui ne manquent pas dans les hauteurs du Kirghizstan. Ce pays n’arrête pas de nous surprendre. Nous approchons de la déviation pour rejoindre Kyzart qui s’annonce fastidieuse avec deux bonnes centaines de km de piste. Nous sommes cueillis à froid. Ne pouvant pas rouler à plus de 30km/h sur cette route, nous sommes partis pour y rester quelques heures. Nous ne croisons que très peu de voitures, si ce n’est des gros 4×4. Josy n’est clairement pas adaptée, mais si près du but nous ne voulons pas faire machine arrière. C’est alors que qu’un vacarme intervient de la galerie, et en quelques fractions de secondes, une roue de secours déboule sur le pare-brise, rebondissant à plus de deux mètres de haut… La route est si instable que les pneus se sont échappées de leurs attaches. Plus de peur que de mal, le pare-brise n’est pas fissuré, et nous sortons de la voiture pour remettre et sangler la roue capricieuse. C’est reparti pour de la piste et quelques heures de vibrations assourdissantes dans le cockpit de Josy. Trois heures, et un déjeuner dans une petite ginguette plus tard, nous arrivons enfin à Kyzart dans l’objectif de trouver un moyen de faire un tour à cheval dans la région du lac de Song-Kul. Rapidement, nous trouvons une guest-house qui nous propose même de partir dans l’après-midi.

Sans plus attendre nous faisons nos sacs, et sur les coups de 15h, nous sommes sur nos deux chevaux. Augustin hérite d’un cheval noir appelé Kara, alors que Ben passera ses deux prochains jours aux côtés de Jerde, un mâle à la robe Alezan.  Notre guide, Jeku, est très sympa et ses rudiments de français facilitent la randonnée rythmée par ses « gauche », « droite », « tout droit » et « c’est parti mon kiki » qu’il sort toujours avec une grande fierté. Rapidement nous sortons de la zone habitée pour se retrouver au beau milieu des montagnes avec comme maigre compagnie d’autres chevaux et des moutons.  L’air frais nous libère l’esprit, et d’avancer sans les bruits de Josy devenus de plus en plus étourdissants nous réjouit ! Nous nous posons dans un camp de yourte où un groupe de Coréens est installé depuis le début de l’après-midi. Nous passons donc la soirée avec eux. Nous ne pouvons pas vraiment communiquer, mais c’est plaisant de retrouver des personnes venues d’ailleurs ! Fidèles à la tradition, le diner est l’occasion pour eux de sortir des boites de kimchi et quelques bouteilles de soju qu’ils partagent avec nous ! Nous dormons comme des bébés, et abordons cette nouvelle journée de cheval reposés. L’objectif est de grimper les montagnes nous séparant du lac, que nous retrouverons quelques heures plus tard. Pour la première fois depuis notre départ, une impression de vide et de solitude prend le dessus. C’est l’occasion pour nous à la fois de prendre du recul sur notre périple, et de penser à autre chose. Enfin, nous sommes au col de la montagne, et une vue panoramique du lac s’offre à nous, alors que nous abordons la redescente vers celui-ci. Sur les coups de midi, nous posons les chevaux à un camp de yourte, où nous passerons la nuit. Sans avoir grand-chose à faire, nous nous lançons dans la production d’une vidéo satirique de l’émission « voyage en terre inconnue ». On s’amuse un peu avant de repartir faire un tour à cheval dans les plaines qui longent de lac de Song-Kul. On galope un bon moment avec Kara et Jerde, expérimentant un nouveau sentiment de liberté, bien différent de celui du voyage en voiture.  Ce soir-là, nous avons la chance de nous retrouver seuls dans le camp de yourte. Nous passons donc la soirée à jouer aux cartes avec notre guide et la fille de nos hôtes. C’est un moment de calme qui nous fait le plus grand bien. Le lendemain, nous abordons cette dernière journée de cheval à l’aube, avec pour objectif de retrouver Josy vers midi afin de pouvoir reprendre la route le plus vite possible. Le chemin à parcourir est long, et fatiguant puisque nous devons monter un col à 3’500m d’altitude avant de le redescendre. Les chevaux entament donc dans la difficulté la vertigineuse descente nous séparant de Kyzart. Cette dernière demi-journée de cheval est éprouvante. Nous sommes principalement au pas, et des crampes de plus en plus fréquentes interviennent. Pendant deux heures, nous longeons le flanc de la montagne, avant d’atteindre le village sur les coups de midi, comme prévu. On s’octroie deux heures de pause pour nous remettre de nos émotions, et reprenons la route en direction du lac d’Issy-Kul, nous rapprochant de la frontière Kazakh ! Alors que nous avançons, nous nous rendons compte que nous ne sommes qu’a deux petites centaines de km d’une frontière nous permettant de rejoindre le Kazakhstan, mais en évitant le lac. On fait une petite pause pour discuter, et optons pour passer la frontière le soir même ! La volonté d’avancer nous pousse donc vers le poste frontière de Bishkek, que nous atteignons sur les coups de 22h.

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