Article 11 : Le Tadjikistan : les montagnes Russes

Du 15 au 17 aout

Le 15 août 2019 commence par une frontière. Arrivés sur les coups de midi à la douane de l’Ouzbékistan pour rejoindre le Tadjikistan, nous passons une heure dans la queue des voitures pour rejoindre la zone de frontière. Les passeports sont tamponnés rapidement, et les multiples vérifications des papiers de la voiture ne sont pas plus compliquées que les précédentes frontières que nous avons passés. Il faut dire qu’à un rythme d’une frontière tous les 5/6 jours nous commençons à en avoir l’habitude. Encore une fois, les gants de boxes nous aident à dévier la conversation avec les douaniers dans la traditionnelle fouille de la voiture. La vérification de notre e-visa du côté du Tadjikistan est également rapide, la voiture n’est même pas fouillée, et les douaniers nous remercie même de venir visiter le pays…

 

A notre grande surprise la route pour rejoindre Douchanbe est somptueuse, et la qualité de la route remarquable. Nous n’avions pas vu cela depuis l’Europe. Les montagnes, et les villages que nous traversons nous comblent de joie… Des ruées d’enfants nous saluent et s’approchent de notre voiture pour nous taper dans les mains alors que nous avançons vers la capitale. La traversée de Dardar nous ravi, nous jouissons d’un accueil sans précédent… On a l’impression d’être des coureurs du tour de France, avec une foule qui nous salue, et nous remercient encore et toujours de venir dans leur pays. Nous abordons alors les premières montagnes du Tadjikistan, pointant à 2000m d’altitude. La fraicheur nous fait du bien, après une petite semaine dans le désert, et on sent que Josy souffle aussi ! Cette journée de route a probablement été la plus belle depuis notre départ, nous offrant une route parfaite, un contact avec la population unique, et un paysage somptueux. Nous arriverons à Douchanbe sur les coups de 20h30, nous posant dans une guest house pour les deux prochains jours avant de préparer la voiture, et nos organismes à la semaine qui nous attends dans les montagnes du Pamir.

Nous avançons bien sur la voiture pendant ces deux journées. On se permet de ranger intégralement Josy, pour que les caisses à outils soient plus accessibles notamment. On fait le tri dans nos affaires, mettant de côté tout ce dont nous ne nous sommes pas servis depuis notre départ de France. Pour fêter nos premiers 10’000km, nous effectuons une vidange de l’huile à Bob et Josy, et allons acheter de l’octane booster au cas où nous ne trouvons pas d’essence de qualité sur la route. Petit malus de ces deux jours, la moitié du groupe tombe malade… Ce qui ne nous empêche pas de repartir pour la route de Pamir le 17 aout !

 

Quelques 30 minutes après la sortie de Douchanbe, nous rentrons déjà dans les montagnes. La route se corse, avec des passages sans goudron tous les 30km. Ça grimpe déjà un peu, et on retrouve un paysage montagneux. On ne se lasse pas de cette beauté simple que nous offre le Tadjikistan et le nord de l’Himalaya. Sur les coups de 14h, nous tombons par hasard sur une équipe de Babacar en Twingo. Ils étaient paisiblement installés au bord de la route en train de manger des raviolis… La route de Pamir avait eu raison d’eux. Premier avertissement. Nous sommes prévenus, fini le goudron lisse, bienvenue au monde des trous, des bosses, et des cailloux sur la route. Nos amis se dirigent donc vers le Kirghistan par une route différente puisque leur voiture est trop basse pour Pamir. Confiants des capacités de Josy, nous continuons notre route aux cotes de la 204 des Irréductibles !

 

Les quelques premiers mètres pour la route de Kulai Kumbh marquent une vraie scission avec la route du pays. En effet, plus de goudron, des trous, de la caillasse. Nous roulons à 20 km/h pour ne pas prendre le risque de toucher le carter d’huile trop violement. La route longe les flancs de montagne, avec sur notre droite des pentes vertigineuses qu’on n’ose pas trop regarder… Nous traversons une multitude de ruisseaux sur notre chemin, que nous ne pouvons pas esquiver. A chaque fois on serre les dents, mais ça passe. Dans villages que nous traversons, constitués de maisons de taules et de terres, des ânes, des vaches et des chèvres nous tiennent compagnie aux cotes des enfants qui nous saluent, toujours. C’est vers 17h que nous décidons de nous poser pour la nuit au bord de la rivière. Il est encore tôt, nous nous activons donc pour monter le hamac, et sortir l’échiquier et le ballon de rugby. C’est alors qu’un berger et ses deux fils nous rendent visite. La communication se fait difficile, mais ils restent avec nous une bonne heure. Il nous demande de charger son téléphone sur l’allume cigare, et un peu d’eau. Il nous indique qu’il habite en haut de la montagne en face, la route sera encore longue pour lui… Ses deux fils, d’une dizaine d’années sont moins timides et se servent volontiers dans les jeux qui jonchent notre camp. C’est parti pour un petit rugby avec eux. Ils nous demandent s’ils peuvent garder le ballon de rugby, nous rigolons avec eux. Après le rugby c’est sur l’échiquier qu’ils s’attardent, pour jouer aux dames. Nous sentons que c’est un moment privilégié que nous passons avec eux, sans filtre, ni personne autour. Ils rentrent chez eux, et nous nous activons pour le diner. Nous allons nous coucher sur les coups de 21h, bien fatigués de cette journée éprouvante, sans se soucier du lendemain, qui sera pour nous le jour le plus long.

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