Article 9 : Le bref passage en Turkménistan, une étape très particulière.

10 et 11 aout 2019

Tout commence à la frontière. La sortie de l’Iran est facile, on nous tamponne nos visas en 5 minutes, avant une petite vérification de la voiture et une discussion avec les douaniers. On rigole avec eux, ils sont fascinés par la 204 des Irréductibles, demandent à monter dedans pour comprendre comment fonctionne le boitier de vitesses (situé derrière le volant). Si nous avions su que nous rigolerions avec des douaniers à la sortie de l’Iran… Mais l’entrée au côté Turkmène se présente un peu moins joviale. La procédure des visas est un peu plus longue et complexe, bien qu’on n’y passe pas des heures. On nous demande de payer 140$ pour les deux visas, et 130$ pour la voiture et son assurance. La vérification de la voiture est un peu plus longue, on tip le douanier de deux dollars pour que ça passe plus vite. Ils n’ouvrent même pas nos malles, mais vérifient le moteur et font monter un chien dans la voiture. Les questions sont un peu absurdes. Est-ce que vous avez des kalachnikovs ? Avec vous l’intention de perpétrer un attentat au Turkménistan ? Comptez-vous écrire un reportage ? Avez-vous un drone ? Avez-vous de la drogue ? Évidemment rien de tout ça, on dit non à toutes ces questions et ils nous font signe d’avancer. Pour nous mettre un peu dans l’ambiance, on nous laisse un GPS portable à brancher pendant notre passage au Turkménistan, et on nous interdit de prendre des photos sur la route (parsemé de caméras) entre le poste frontière et Achgabat.

 

Que dire d’Achgabat ? C’est blanc, très blanc, trop blanc. Rien de ne dépasse. Les voitures sont toutes blanches et parfaitement propres (il est interdit d’avoir une voiture sale au Turkménistan, pratique quand le pays est un désert), au moins on ne fait pas trop tache avec Josy. Les abris bus sont blancs, leur stade est blanc, les panneaux de signalisation sont blancs et tous les bâtiments sont blancs. La ville est désertée, on est seuls sur une route à quatre voies. C’est rigolo, mais un peu glauque. Direction le désert. La route, alors parfaite dans Achgabat, commence à se décomposer. Nids de poules incessants, la route est tordue, on est obligés de rouler à contre sens pour pouvoir avancer, ou même de rouler dans la terre a cote de la chaussée, qui est plus pratique que le goudron pour nos voitures. Longue traversée du désert donc, la route est interminable, laborieuse, on est fatigués et on a l’impression de jouer à Mario Kart en évitant les nids de poules comme des bananes. Après cinq heures dans ces conditions, et sous un soleil qui fait grimper le thermomètre à 40 degrés nous arrivons enfin à la petite route de terre qui nous mène à la porte de l’enfer. 8km nous en séparent. On s’aventure sur cette route de terre qui se transforme en sable… On finit par s’embourber. Il fait déjà nuit, on est dans la voiture depuis plus de 10h, mais le dodo ce n’est pas pour tout de suite… Aidés par des Turkmènes postés sur le chemin on arrive à pousser la voiture hors de ce chemin. On leur offre un dollar et des cigarettes, et on repart. Aidés par une de leur moto on arrive enfin aux portes de l’enfer. Il s’agit d’un énorme cratère qui crache constamment des flammes depuis son apparition en 1971. Des géologues soviétiques ont mis feu à un poche de gaz souterraine pour éviter la propagation de gazes toxiques. Ils n’avaient probablement pas anticipé qu’il y en avait autant, et que leur expérience durerait 50 ans… Nous dormons a cote du cratère pour repartir le lendemain à 4h afin d’éviter la chaleur, et d’arriver à la frontière de l’Ouzbékistan au plus tôt. La route est encore pire. On passe 7h pour traverser 300km de désert. On finit par rouler à côté de la route encore une fois.

Après quelques passages dans le sable et avoir fait souffrir un peu nos suspensions, nous nous rapprochons enfin de la frontière Ouzbek. Nous remplissons les Jerrycans d’essence, introuvable en Ouzbékistan puisqu’ils roulent tous au méthane. sur les coups de 14h, nous sommes enfin au poste frontière!

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