Article 8 : L’Iran, terre d’accueil et de souvenirs impérissables.

Du 4 au 10 aout 2019

Le passage de la frontière iranienne : Péripéties d’une looongue journée tant absurde que rocambolesque.

Départ à 4h30 heure turque pour la frontière, donc. C’est parti pour une nouvelle journée mémorable. Comme prévu, l’atmosphère de la frontière est particulière. Il est 5h, il n’y a pas un chat, juste quatre autres voitures du Mongol Rallye. On entre dans poste de douane Turque, évidemment parsemé de grands drapeaux et de portraits d’Atatürk et Erdogan. Le douanier est cordial, nous récupérons nos passeports tamponnés sans encombre, et entrons dans la zone Iranienne avec une certaine appréhension. La décoration est plus sobre, un peu plus raffinée. Nous sommes accueillis par un douanier grognon avec le regard sévère. Il est 7h passé heure Iranienne, Le douanier est seul pour gérer tout ce monde qui arrive, on sait que l’attente sera longue. Ben, dont le nom figure sur la carte grise se sépare du groupe pour gérer les papiers et le fameux carnet de passage qui nous permet de faire passer la voiture. Le moment surprise de la journée intervient lorsqu’un homme en chemise noir qui se présent comme l’un des chefs de la police nous propose un marché : de nous faire passer la frontière sans fouille de la voiture, et en s’occupant de nous tamponner tous nos papiers rapidement, nous permettant d’esquiver les longues queues. Le tout pour… 50$ pour les deux voitures. On est crevés, personne parle anglais, on ne comprend rien à ce qu’il se passe, et on veut surtout sortir de là le plus rapidement possible. On accepte donc le marché. 30 minutes et 50$ plus tard, nous sommes donc en Iran. Les premiers km sont mémorables. Les villes ressemblent à des zones de guerres. On se croirait en Syrie avec des bâtiments en construction non finis et des villes glauques au possible. On regarde Maps et on se rend compte qu’on est à 300 km de Mosul en Iraq. On ne sait pas pourquoi mais ça nous fait sourire. Première statistique marquante, et c’est clair qu’on a déjà fait un bout de chemin depuis la France. On passe notre chemin vers la ville de Tabriz !

Deuxième journée dans la journée : Après avoir trouvé une guest house, nous partons à l’assaut de la ville, de ces bazars et d’une banque pour changer nos liras Turques. Nous tombons par hasard sur l’office du tourisme. Accueillis par un homme très chaleureux, qui nous change tous nos ronds à un excellent taux. Il nous accompagne ensuite dans la ville pour un tour du bazar et pour nous présenter un restaurant Iranien traditionnel. Il est 15h, nous sommes levés depuis 4h30 et ne nous sommes rien mis sous la dent. Ça fait du bien cette pause ! La soirée se passe tranquillement, nous discutons du lendemain et des prochaines routes à prendre.

Nous prenons la décision de traverser l’Iran par la route du nord, au-dessus de la chaine de montagne séparant Téhéran de la mer Caspienne. Compromis difficile à accepter, puisque nous louperons Téhéran, la sublime ville sainte de Shiraz et une partie de la culture Iranienne. Par contre, cette route nous évite de passer par le désert, et ses 45 degrés… Craignant une surchauffe de la voiture nous jouons la sécurité et optons pour les 25/30 degrés de la montagne et une petite vue sur la mer. Ce compromis était nécessaire pour la santé de notre aventurière mais « la sagesse, ce ne pas vouloir ce qu’on aime mais aimer ce qu’on a », comme nous le rappelle justement Zins, membre des Irréductibles.

 

Nous longeons donc la frontière avec l’Azerbaïdjan pour rejoindre la mer Caspienne. La route est en fait terrible… Il s’agit de villages en continue sur 300 km. Les iraniens conduisent n’importe comment et les dos d’annes de 30cm de haut tous les 10km sur la nationale rendent cette route fatigante, et lésée du charme espéré. Nous roulons ainsi pendant deux jours avant de quitter la route par la ville de Sari. La prochaine étape sera Mashhad, ville sainte où se trouve le tombeau du seul Imam (le huitième sur les douze) de la branche musulmane chiite enterré en Iran (les autres se trouvent en Arabie Saoudite, en Iraq…). La montagne que nous avons à traverser pour rejoindre le désert nous offre plein de surprises. Il fait 15 degrés, et brouillard ne nous permet pas de voir à dix mètres. Relativement handicapant quand on sait que les camions iraniens n’utilisent pas leurs phares… On serre les fesses et on avance jusqu’à ce qu’on trouve un coin pour poser la tente parce que la nuit tombe…

 

Nous retrouvons le désert et à notre grande surprise les voitures roulent du feu de dieu ! La route est plate, nous sommes à 100km/h, nous arrivons à franchir les 650 bornes nous séparant de Mashhad en une journée au lieu des deux prévues ! Nous nous posons dans maison d’hôte, accueillis par Vali, qui parle un anglais parfait et un bon français. Nous prenons la décision de nous poser deux jours pour prendre le temps de visiter le complexe du tombeau de l’Imam Reza, et nous reposer un peu. Accompagnés par un guide obligatoire, offert par la mosquée, nous entrons dans l’énorme complexe composé d’innombrables cours, de salles souterraines sublimes et de portes colorées typiques de la branche chiite de l’Islam. Nous sortons du lieu de culte bouche bée, marqués par la gentillesse des gens qu’on y croise et de la splendeur des édifices. Nous prenons la route le lendemain directement pour le Turkménistan et les portes de l’enfer.

 

L’accueil Iranien

L’accueil qui nous a été offert en Iran est unique en son genre. Nous n’avons pas pu compter le nombre de fois que nous nous sommes fait klaxonner pour se faire saluer. Sur les aires d’autoroutes, ou dans la rue, tous viennent nous proposer de l’aide, nous offrir des fruits ou de l’eau pour s’assurer que nous ne manquons de rien. Leur volonté est irréelle, par la fenêtre de la voiture, à 90 à l’heure, on nous demande de les appeler si nous avons un problème (sans numéro de téléphone pour les joindre…). Les iraniens nous ont offert une conduite catastrophique, mais une gentillesse inattendue qui restera sans aucun doute un des souvenirs marquant de notre périple.

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