Article 7 : La fin de la Turquie, l’aventure continue et continuera, Inch’allah !

Du 1 au 4 aout 2019

Premier jour du mois d’aout, réveil serein, le cœur léger, le visa Iranien dans la poche, nous reprenons donc la route. On ne se doute pas encore à 8h du matin sous les 30 degrés turcs que les deux prochaines journées seraient encore riches en émotions. Josy s’est réveillée en trombe en ce 1er aout 2019, surprise par la vertigineuse montée caillouteuse nous permettant de rejoindre la route principale vers la mer noire. Nous saluons notre hôte avec une certaine émotion, la gentillesse et l’hospitalité que ce dernier et son fils ont eu à notre égard resteront un souvenir marquant de ce voyage.

Au lendemain de ce 31 juillet 2019, nous sommes surpris par les cols de montagne nous séparant de la mer noire. Traversée chaude du désert avant de grimper les cols de la route D865.  La qualité route est bonne, mais elle monte beaucoup… La crainte d’une surchauffe nous pousse à nous arrêter toutes les demi-heures. La montagne est surprenante par le changement de paysages qu’elle nous offre. Dans la montée, des paysages désertiques nous entourent, avec des collines ensablées et un cagnard insurmontable. Alors que nous montons, la température redescend et nous retrouvons de la verdure. C’est très agréable, d’autant plus que nous sommes seuls sur cette route. Arrivés au sommet de 2’100 mètres, nous commençons la redescente dans une cadre plus commode, avec une rivière et des forets. On respire, Josy aussi. La journée finit plus simplement alors que nous retrouvons la ville de Giresun sur la mer noire. Nous longeons cette dernière sur 200km pour rejoindre Trabzon, où nous louons un appartement dans les hauteurs avec une petite vue sur la mer. Dernière surprise de la journée, pour accéder à l’appartement il faut grimper une sévère montée dans la terre avec d’énormes cailloux… On est fatigués, et on y va au forcing… La protection du carter prend un gros coup, mais on y arrive… Longue journée encore, ce 31 juillet calme et reposant semble déjà loin…

Le lendemain on repart en direction de Erzurum pour rejoindre la frontière iranienne. Pour ce faire, il nous faudra encore traverser une chaîne de montagne… Et la route D915, réputée comme étant la route de la mort. Nous avions initialement essayé de l’esquiver, empruntant un autre chemin, mais la force des choses nous a quand même porté vers ce chemin, et nous avons vite compris qu’elle portait bien son nom. Retour sur une journée pas comme les autres, pleine en péripéties :

En route pour la D915, nous re-rentrons dans les terres et traversons un petit village touristique sur les bas-côtés de la montagne qui nous sépare de Bayburt. Les embouteillages échauffent les esprits alors que nous nous apprêtons à emprunter la route la plus difficile que Josy ait eu à faire depuis notre départ. Au vu de la route dépourvue de goudron qui nous fait face, nous attaquons avec une certaine appréhension le col Caykara, haut de 2’600 mètres d’altitudes. La montée est éprouvante, laborieuse, la seconde ne passe pas… Et ce n’est que le début. Plus nous grimpons, plus Josy et Bob (la 204 de nos collègues les Irréductibles) ont du mal à respirer. Augustin échange de place avec Tim, les quatre Annéciens sont trop lourds pour la 204 et ont besoin de perdre quelques kilos… L’altitude et le degré de la pente font souffrir les moteurs, d’autant plus que la pompe à essence de la 204 est défectueuse. C’est dur, l’espoir de voir du goudron a disparu, et nous sommes quasiment à l’arrêt… La panique de rester bloqués pour la nuit s’installe, une solution drastique s’impose. « TOUT LE MONDE DEHORS !! », il faut absolument donner un coup de pouce aux véhicules en les allégeant, et les poussant dans les moments difficiles. Ben, au volant, reste aux manettes, il faut avancer tant que le moteur est chaud sans perdre de temps ! Avec l’altitude, nous avons perdu une quinzaine de degrés… on ne peut pas se permettre de laisser le moteur se refroidir. Les derniers petits kilomètres se feront sans passagers, avec la moitié du groupe finissant à pied… L’occasion de se dégourdir les jambes et de se vider la tête.

Josy a toussé, elle a terriblement souffert… Nous avons bien failli la perdre ce jour-là, mais encore une fois elle a surmonté les épreuves que nous lui imposons.

ENFIN, le sommet est atteint, non sans une certaine émotion. Nous restons sur la crête sur quelques kilomètres. Le paysage nous laisse sans voix. Que ce fut dur, mais la récompense est si belle ! Place à la redescente maintenant. Toujours aussi fabuleuse, le silence parle pour lui-même. « Putin que c’est beau, on l’a fait, j’ai envie de pleurer ».  La D915, réputée comme l’une des routes les plus dangereuse du monde n’a pas eu raison de nous, et ça fait du bien !

Après cette rude journée nous arrivons dans le désert, se posant dans un champ que nous rejoignons par un petit chemin de terre à une cinquantaine de km de la ville de Erzurum. Le repos est nécessaire, et nous dormons toujours aussi bien sous la tente ! La route reprend le lendemain, il faut rouler si nous voulons atteindre la frontière turco-iranienne dimanche à l’aube.

Visa Iranien en poche nous nous dirigeons vers la frontière sans plus attendre. Ca roule bien dans le desert, le plat nous fait du bien ! Cela fait depuis plus d’une semaine que nous sommes en Turquie. Ce pays nous a tant offert, mais l’excitation de l’Iran nous donne la motivation de bombarder vers la frontière ! Nous nous coordonnons avec des amis Australiens qui traversent le même jour que nous pour y aller avec eux. Nous dormons dans un cadre sublime, au sein d’une région militarise a l’extrême. Nous dépassons des blindes sur l’autoroute, le cadre est donné, une première, on sent que le voyage prend une autre tournure et c’est excitant. Nous rejoignons un spot de camping a 30km de la frontière, la zone est entourée de montagne qui séparent la Turquie de l’Iran. Le graal est à quelques mètres ! Nous nous couchons tôt, il faut être à la frontière a l’ouverture, et il y a une heure et demi de décalage entre l’Iran et la Turquie…

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